ESSAI AMPHION ARGON 3 LS : La perfection rapprochée

Après la découverte des surprenantes petites finlandaises AMPHION ARGON ONE j’avais hâte de tester les belles colonnes ARGON 3 LS situées au prix plutôt raisonnable de 3 150 euros la paire ( finition bois + 300 euros).

Leur look original, et donc immédiatement reconnaissable, est séduisant. Il est ainsi facile de les intégrer dans tout type d’intérieur (coloris et finitions très nombreuses). Le fabricant  offre un haut degré de qualité dans la finition et propose une grande variété dans les couleurs. Ce qui est devenu très rare ou alors réservé à des gammes de prix habituellement plus élevées.

L’encombrement est raisonnable et les ARGON 3 LS s’insèreront facilement dans des pièces de 20 m2 à 70 m2 environ.

Les ARGON 3 LS avant et arrière

Le positionnement est ultra simplifié. Ceci compte tenu de l’aptitude (unique?) de la marque AMPHION à s’intégrer à l’acoustique de pratiquement n’importe quelle pièce grâce à un secret de fabrication étonnamment efficace. Le fabricant parvient notamment  à obtenir une directivité quasiment nulle au moyen d’un montage particulier du tweeter.  Mais bien entendu il faut tout de même choisir un bon emplacement afin que les deux enceintes puissent exprimer l’ensemble de leurs (nombreuses) qualités.

La présence d’un haut-parleur passif à l’arrière de l’enceinte ne s’avère absolument pas une contrainte par rapport à la proximité du mur arrière. Bien moins qu’avec la majorité des enceintes disposant d’un bass-reflex. Une distance d’une vingtaine de centimètres du mur peut s’avérer suffisante pour ces enceintes vraiment pas « prise de tête ». Facile à vivre, quoi !

Premières écoutes réalisées avec : lecteur Cd/préampli/Dac NUPRIME CDP 9 relié en XLR à un bloc-ampli NUPRIME STA 9 (+cordons Audiomica Beryl et Hp Audiomica Diamond Black)

Premier disque :

La Tarentella, Ensemble l’Arpeggiata, Christine Pluhar, (Cd Alpha)

Sensation d’aération. La première impression sur les notes cristallines du morceau Lu Gattu la sonava, puis sur la voix de Lucilla Galeazi est celle d’une grande respiration du message. Il est placé dans le contexte de la prise de son. Et du coup nous sommes au cœur de l’évênement.

C’est encore plus vrai sur le morceau suivant Tarentella Napoletana où les castagnettes résonnent d’une manière très naturelle (sans aucune exagération) et nous plongent dans la salle. Fréquemment les enceintes sur ce passage en rajoutent et projettent les aigus de manière artificielle (mais plus démonstrative!). Les instrument à cordes sont tous bien distincts les uns des autres. On entend sans difficulté les écarts de dynamiques, les détails sur les cordes. Chacun est à sa place.

La précision est bien au rendez-vous mais elle respire ce qui met l’auditeur dans une position  confortable et proche du concert. Ce qui n’est pas l’apanage de nombres d’enceintes qui  « forcent » notre admiration. Le mot est choisi !

On passe au second disque :

John Field « Nocturnes » par Benjamin Frith (Cd Naxos)

Souplesse et articulation. De la rondeur aussi. Le piano s’épanche gracieusement. Le jeu des deux mains reste parfaitement distinct et le touché du pianiste, sur un enregistrement pourtant assez quelconque, est bien défini. Les notes s’articulent avec toute la souplesse requise pour ce genre de morceau. La présence du grave ne vient jamais déranger l’équilibre et donne une présence notable. La musique s’exprime avec délicatesse et retenue.

Disque suivant :

Korngold concerto pour violoncelle par Julian Sterkel avec le S.R Philarmonie

Ampleur et rigueur. Dans cette très belle prise de son le violoncelle sonne magnifiquement. Tantôt avec fougue et tantôt avec retenue. L’orchestre est bien présent, il est parfaitement « dirigé » ou disons plutôt contrôlé, avec toute la dynamique (ou presque) nécessaire.

Cet ensemble NUPRIME CDP 9/STA 9 fait remarquablement fonctionner les AMPHION. Pour une somme de 2 400 euros ces deux petites boîtes font vraiment du bon boulot ! Et permettent de se constituer un système cohérent, peu onéreux et d’un haut niveau musical. Et puis..

La cerise sur le gâteau arrive… ! NUPRIME offre la possibilité de faire évoluer le système très simplement en ajoutant un second ampli. Nous passons ainsi à deux blocs monos de 1x 290 W chacun.! Oui, vous avez bien lu ! J’aimerais bien savoir comment vont se comporter les ARGON 3 LS devant cet apport énorme d’énergie…

L’ajout d’un second NUPRIME ST9 change vraiment la donne. On peut dire sans hésitation que ce n’est plus la même chanson ! Par quoi commencer ? Tous les registres sont améliorés. Ainsi le grave descend plus bas et même beaucoup plus bas.  Et on découvre alors que de quoi sont capables les ARGON 3 LS dans ce registre difficile.

La dynamique, pourtant le point fort du système précédent, est encore améliorée.

L’orchestre s’exprime avec une énergie et un contrôle peu habituel. Le violoncelle gagne en matière, mais aussi en finesse. Les aigus offrent plus de richesse et d’expression. Waouh ! Tout cela pour 699 euros seulement de plus ? On peut pas en mettre quatre d’amplis ?

Prochain disque:

Cassandra Wilson « Belly of the sun ».

L’intro avec sa grande variété de percussions diverses est d’une limpidité et d’une clarté confondante. Sans jamais pour autant devenir flatteur, chaque instrument est à sa juste place. Mais lorsque la voix si particulière de Cassandra Wilson intervient c’est une grosse surprise pour moi. J’ai rarement pu entendre le « grain » de sa voix de cette manière avec sa descente dans les graves si riche. La musique est plénitude. Le bas du spectre toujours bien présent mais jamais redondant.

Dernier disque :

Jeff Healey Band « The very best of J.H.B.

Sur le morceau Communication Breakdown (reprise de LED ZEP.) L’énergie dégagée est assez phénoménale. Les ST9 peuvent être poussés en volume, les ARGON 3 LS ne bronchent pas. Ou plutôt si, elles s’éclatent… et nous avec !

A tel point que l’on se dit que ces enceintes ont un sacré potentiel. Il doit être possible de les emmener encore plus loin. Mais ceci est une autre histoire !

Pour conclure la découverte de ces AMPHION 3 LS s’avère être une révélation du même ordre que celle de la ARGON 1.

Réunir autant de qualités musicales en ayant une telle souplesse d’utilisation dans la gamme de prix de 3 000 euros la paire, je ne connaissais pas.

Je suis donc totalement conquis d’autant que ce modèle s’insère de façon parfaitement cohérente dans ma gamme d’enceintes. En effet la marque EGGLESTONWORKS ne propose pas de modèle colonne en dessous de 5 000 euros. Et chez TOTEM la gamme change complètement avec la suppression du catalogue des modèles STTAF, HAWK et FOREST. L’arrivée de la TOTEM SKY TOWER à 2 590 euros la paire laisse, malgré d’évidentes qualités nouvelles, toute sa place à cette belle colonne AMPHION 3 LS.

 

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