Test d’écoute platine vinyle KUSMA STABI S

L’écoute s’est effectuée en compagnie d’une cellule MC HANA SL coutant 690 €. Il est clair que la Stabi S et son bras Stobi S peuvent être associés à de bien meilleures cellules MC qu’une HANA SL. La HANA ML par exemple aurait encore mieux convenu pour cet essai. Mais l’idée ici est de démontrer que la platine Kusma peut révéler de grandes qualités avec une bonne cellule de prix raisonnable. On peut également dire que la Stabi S a démontré de manière magistrale à quel point le rapport/qualité prix de la HANA SL est impressionnant.

Le préampli phono utilisé a été l’excellent AURORA VIDA PRIMA dont la réputation est désormais bien établie. Les enceintes retenues ont été les EGGLESTONWORKS NICO Evo. Associées aux redoutables blocs monos NUPRIME STA 9 ces enceintes ont permis d’entendre et surtout d’apprécier une multitudes de détails avec une précision et une dynamique sans faille.

Première écoute : Chants grégorien hommes et femmes

MAGYAR GREGORIUM (VOL 5) SCHOLA HUNGARICA ( Hungaroton)

Dès le diamant posé dans le sillon on est immédiatement plongé dans l’ambiance réverbérée de l’église où a eu lieu l’enregistrement. Les reprises de respiration de la part des chanteurs et chanteuses sont d’une présence confondante. A chaque fin de phrase la résonance du lieu nous plonge au cœur de celui-ci. Sur les passages comprenant chanteurs et chanteuses aucun mélange entre les voix, tout est distinct avec une intelligibilité et une articulation rare. Lorsque à un moment précis des cloches se mettent à sonner on perçoit chacune d’elles avec leur sonorité très particulière. Aucune distorsion, aucune projection. Une justesse des timbres qui là encore rend cette intervention  d’une grande limpidité et beauté. Le sentiment rare qu’il n’y a pas d’intermédiaire entre vous et la musique.

Deuxième écoute : Chant, Alfred Deller

DOWLAND Lute Songs- Lute Solos (Harmonia Mundi)

Le grand Alfred Deller et sa voix de haute-contre, si particulière et reconnaissable entre toutes.

Ici il est assez surprenant de constater à quel point cet artiste immense joue sur tous les registres de l’émotion. Quant sa voix monte, que ce soit en hauteur ou en puissante, voire les deux, l’articulation ne bouge pas d’un iota. On sent que le suivi de piste du bras Stogi S est infaillible. Ni tassement de la dynamique, ni distorsion d’intermodulation rendant la voix nasillarde. L’accompagnement au luth puis les passages sur cet instrument très particulier qu’est le pandore, sont rendus avec toutes les variations d’intensités et toute la délicatesse du toucher. Intacte, la sensation qui se dégage est bien que la reproduction est intacte.

Troisième écoute : Orgue, Lionel Rogg

FRANCOIS COUPERIN Messe Pour les Paroisses (EMI)

L’ampleur et la répartition stéréophonique sont remarquables de stabilité et de naturel, le timbre très particulier de chaque registre de l’orgue historique de l’ abbaye de Marmoutier est rendu avec clarté et finesse. Les écarts de niveaux sont très réalistes et l’on ressent un pression physique comme si l’on était tout près de l’orgue. Le registre de l’extrême grave est dépouillé de toute rondeur excessive, tout est ferme, tenu. Peut-être qu’ici la cellule HANA n’explore t-elle pas totalement ce registre ?

Quatrième écoute : Clavecin, Scott Ross

FRANCOIS COUPERIN Pièces de clavecin (Stil)

Epreuve très délicate que celle de reproduire le clavecin de l’immense artiste Scott Ross. En effet son jeu peut parfois paraître foisonnant voire un peu emporté. De plus la prise de son de l’éditeur STIL,  qui est comme à l’accoutumée avec ce label, splendide, ne laisse rien dans l’ombre. Et  avec beaucoup de platines vinyles l’écoute se révèle un peu claire voire clinquante et fatigante à la longue. Ici rien de tel. On apprécie les qualités sonores de l’instrument historique (clavecin français du XVIIIème siècle) bien installé dans la pièce. Le jeu de Scott Ross est quant à lui étourdissant tantôt de prouesse technique, tantôt de grande délicatesse. A ce titre la cellule HANA SL se révèle ici particulièrement fine et subtile.

Cinquième écoute : Rock énervé et bluesy, PJ Harvey The Peel Sessions 1992- 2004

Dès les premières attaques à la guitare basse du morceau intitulé « Oh my lover », on est prévenu. Pas de cadeau !  Toute l’énergie est transmise avec une puissance rare. La dynamique est vraiment là. Mais sans dureté ou projection. La voix de PJ Harvey râle, miaule, crie, murmure tour à tour, son expression n’est pas caricaturale mais authentique. Sincère. Brut de décoffrage mais avec des tripes, comme on dit.

Sixième écoute : Musique ethnique, Blues africain, Ali Farka Touré Savane

L’ultime album du grand maitre. La cerise sur le gâteau. La classe pour finir. Tant au niveau de l’artiste qui réalise là son magnifique « chant du cygne » que pour la reproduction sonore qu’en offre la Kusma Stami. Ecoute ciselée, chaque particularité des instruments traditionnels est respectée et s’insère dans un tout qui nous procure des vibrations tout ce qu’il y a de plus authentique. La voix est posée et s’exprime avec sérénité. Un moment totalement immersif, un voyage virtuel qui n’a rien à envier à des déplacements physiques. Nous sommes littéralement transportés .

Conclusion : La platine KUZMA Stabis S est loin d’avoir une réputation usurpée. Elle se hisse magistralement dans le peloton de tête des toutes meilleures platines. Et peut-être la meilleure tout simplement quand on regarde son prix de vente. L’investissement qu’elle représente en vaut vraiment la peine et s’inscrira dans le très long terme. D’autant qu’il faut préciser que cette platine peut faire l’objet de plusieurs évolutions significatives. Mais ceci est une autre histoire. En l’état actuel des choses, La Kusma Stabis S s’avère selon moi l’une des deux ou trois meilleures platines vinyles que j’ai pu écouter.

 

 

 

 

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